samedi 1 octobre 2016

LA MONDIALISATION SELON PAUL

Paul s’était réveillé de mauvaise humeur ce matin !

Faut dire, qu’il avait passé la nuit à surfer sur la toile, histoire de prendre le pouls de la planète et force lui était de reconnaître qu’il ne comprenait plus rien à ce monde ou il vivait, le bon vivre de son enfance ou tous avaient confiance en l’avenir, porté par la devise chère au Général « amour, travail, patrie », oui, tout cela avait bel et bien disparu.
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Une devise remplacée par un égoïsme forcené, ou tout un chacun vit comme s’il ne devait jamais mourir, spéculant, entassant, thésaurisant pour atteindre, on ne sait quel Veau d’Or (Symbole de l’Idolâtrie chez les Hébreux), promesse peut-être d’une vie éternelle… 
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En fait, Paul était un peu perdu, tout se bousculant dans sa tête : La Mondialisation, les Indignés de Wall Street, la Palestine, l’Iran, l’Europe au bord de la crise de nerfs… Tant de sujets sur lesquels il n’avait pas le début d’une réponse.

Paul ne comprenait pas pourquoi l’être humain se comportait ainsi, ce besoin pressant et oppressant de courir après des biens matériels, sans jamais assouvir sa soif.
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Ce besoin de dépasser son semblable, voir de le dominer par l’esclavage moderne, sans s’apercevoir que dans le même temps, il se faisait lui même esclave de l’argent roi, se battant pour lui, trahissant pour lui, se prostituant pour lui, restant sans cesse sous perfusion pour remplacer petit à petit le sang de vie par des pièces sonnantes et trébuchantes ou à la fin une caisse enregistreuse fera office de coeur…

Comment penser, comment croire que les gens soient assez stupides pour se laisser manipuler ainsi par la société, par l’immonde bête, caché au coeur de chaque être humain, soumettant à sa volonté les faibles d’esprits, qui deviendront l’espace d’une vie terrestre ce que nous appelons les décideurs, les maîtres du monde, mais qui en fait ne sont que de simples marionnettes ayant perdu toute part d’humanité, soumises corps et âmes qu’elles sont à leurs démons.

Comment deviner que l’homme, dont le destin était de vivre en symbiose avec sa Terre nourricière « Soyez féconds et prolifiques remplissez la terre et dominez-la soumettez les poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et de tous les animaux qui se meuvent sur la terre. » (Gn 1,28) »allait la polluer et puiser plus que nécessaire dans ses ressources, l’appelant tôt ou tard à se rebeller après pourtant quelques avertissements sévères. Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Comment soupçonner que le pouvoir a changé de mains depuis longtemps, les véritables maîtres du monde n’étant plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux, financiers ou industriels voir même certaines institutions internationales opaques comme le FMI, Banque Mondiale, OCDE, OMC, Banques Centrales, dont les dirigeants ne sont pas élus, alors qu’ils pèsent tous les jours sur la vie des populations. 

Le pouvoir de ces pieuvres aux multiples tentacules, s’exerce sur le plan socioéconomique et financier, à la dimension planétaire, alors que celui des états reste limité à la dimension nationale. 

Plus riche que les états, ils sont la principale source de financement (occulte ou non) des partis politiques de toute tendances, se plaçant au-dessus des lois, au dessus des démocraties populaires.
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Paul était pris dans un véritable tourbillon de chiffres, plus colossaux les uns que les autres. Les milliards se rajoutant aux milliards, qui pour la Grèce, qui pour les banques, qui pour l’Italie et   l’Espagne, voir bientôt pour la France… Bref d’où peuvent t-ils bien sortir tous ces milliards ? 

Tout cela n’est t-il que virtuel ? Tout cela n’est t-il fait que dans un dessin bien précis ? Appauvrir les populations par exemple, pour niveler la mondialisation par le bas ? Créer un Smic Européen digne des Pays de l’Est, voir de la Chine ?

Paul était vraiment perplexe, les grands enjeux planétaire le dépassant totalement, tout ce qu’il voyait, c’est que son pouvoir d’achat diminuait de jour en jour. Impossible d’y échapper, la crise frappant tout un chacun de plein fouet, mais quelle crise au fait se disait Paul ?

La crise systémique ou la Paupérisation des masses !
Quelle est la cause véritable de la crise, systémique, la folle finance spéculative ? Le capitalisme lui-même ?  En fait ce n’est ni la finance ni le capitalisme, lui même, c’est bien autre chose.

La cause véritable de la crise est l’appauvrissement des populations occidentales, d’Europe et des USA, appauvrissement (paupérisation) faisant s’écrouler le principal marché de consommation du monde. Appauvrissement et affaissement de la valeur des marchandises. En corolaire mais en corolaire seulement, le système financier assis sur des prêts immobiliers hypothécaires et sur des cours haussiers, s’écroule comme un château de cartes.

Les gens, appauvris n’ayant plus de moyens pour payer les prêts et acheter des maisons font s’effondrer les cours et le système bancaire, affectant le crédit, donc la consommation et l’investissement industriel, entrainant ainsi une spirale économique déflationniste et non maitrisable.

La crise économique est antérieure à la crise financière elle est ressentie par les entreprises françaises en baisse drastique de commande depuis mi 2007 avec une sérieuse alerte dés 1992. 
Mais alors quelles sont les raisons de cette soudaine paupérisation des masses, qui enraye la machine économique occidentale, véritable moteur du monde ?

La dérégulation du capitalisme.
Karl Marx, dont personne aujourd’hui ne peut nier l’intérêt de ses travaux décrivant le système capitaliste avait prévu que cette baisse « tendancielle » de la valeur des marchandises, conduirait immanquablement à la paupérisation des acteurs économiques (classe ouvrière).

Ces tendances naturelles du capitalisme devaient selon Marx conduire à la destruction même du système, par paupérisation générale et affaissement des marchés. Le capitalisme creusait inexorablement sa tombe selon Marx. 

Marx écrit « Das Kapital » dans l’Angleterre de la moitié du 19ème siècle, le capitalisme était alors en phase ascendante, ses lois néfastes comme celle de la baisse tendancielle du taux de profit, ou de la baisse toujours tendancielle de la valeur des marchandises étant encore peu prononcées. 

En effet, pour que ces lois soient visibles il faut un apport de mécanisation et d’automatisation important dans le processus de production. 

Il faut produire de plus en plus de marchandises dans un temps de plus en plus court pour une masse salariale de plus en plus faible, cristallisée dans la dite marchandise. 

Les lois sociales, ralentisseurs de crise :
Au cours du 19 ème siècle commencent à se créer en Europe et aux USA des associations de travailleurs afin d’assurer leur défense contre une exploitation féroce. Aux USA les premiers Trade Union seront créés en 1827 et 1832 pour le Royaume Uni. La C G T premier syndicat français est créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs étasuniens d’obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les européens, quelques années plus tard à instituer la Fête du Travail.

En France la CGT avait fait sienne la revendication de la journée de 8 heures à son congrès de 1904. Elle lance la première grève nationale en mai 1906. Malgré de nombreux arrêts de travail, la revendication n’est pas satisfaite, mais elle gagne néanmoins en popularité. Après la Première Guerre Mondiale, ce sera l’une des premières avancées concédées par l’État. Le 17 avril 1909 la loi sur la journée de 8 heures est votée par l’Assemblée Nationale.

En France de 1919 à 1936, de 1945, à 1968 grâces aux luttes sociales, comme dans tous les états occidentaux, des lois vont encadrer le capitalisme, édulcorer ses aspects les plus néfastes, stopper la paupérisation et améliorer sans cesse les niveaux de vie. Ceci assura la prospérité du capitalisme jusqu’à la fin du 20ème siècle par la création perpétuelle de nouveaux marchés.

Sans souveraineté des peuples sur leur nation il n’y aurait pas eu de lois sociales.
Sans lois sociales c’était la paupérisation et la mort du capitalisme. Les anglo-saxons vont donc s’attacher à briser la souveraineté des nations pour imposer leur idéologie du libre échange.

A la fin de la seconde guerre mondiale, peut avant la capitulation allemande se tient à Yalta en Crimée (sud de l’URSS), le 11 février 1945 une conférence entre les anglo-saxons et les soviétiques. Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt d’une part et Staline de l’autre sont la pour se partager le monde. 

La France et certains pays d’Europe feront parti de la zone attribuée aux anglo-saxons, d’autres pays seront attribués aux soviétiques. Dès leur pouvoir politique assuré sur leur zone par le pacte atlantique, les anglo-saxons vont s’attacher à faire avancer leur conception économique libre échangiste et dérégulée.

Chronique d’un acharnement contre la souveraineté des peuples d’Europe et de l’émergence d’une crise systémique. Tout est cycle dans la vie et on ne pourra pas comprendre la crise actuelle sans analyser le passé ! 

1948- Les prémisses de la CEE, le traité de Bruxelles :
La France, le Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) et le Royaume-Uni signent le 17 mars 1948 le Traité de Bruxelles qui prévoit une Union occidentale, instituant une collaboration en matière économique, sociale, culturelle, et de défense collective.

1949 -- l’OTAN
Une organisation militaire est mise en place, l’union politique est mise en attente. Afin d’unifier et contrôler les forces militaire des pays assujettis l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, OTAN (North Atlantic Treaty Organisation NATO) est créée le 4 avril 1949. Des bases militaires US couvrent la France. Le commandement militaire est à Fontainebleau en France près de Paris.

Début des 30 glorieuses :
1951- Le CECA
Le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) fut signé le 18 avril 1951 à Paris : les six pays fondateurs sont les pays du Traité de Bruxelles à l’exception du Royaume-Uni auxquels se joignent l’Allemagne et l’Italie. s’entendirent pour favoriser les échanges de matières premières nécessaires à la sidérurgie. 

1952 -- La Communauté Européenne de Défense CED
Le 27 mai 1952 est signé à Paris un Traité instituant la Communauté européenne de défense (CED) permettant le réarmement de l’Allemagne de l’Ouest. La France rejette ce traité par un vote contre au parlement des députés communistes et gaullistes du RPF, qui trouvent une majorité. Les parlementaires français arguent que ce traité signerait définitivement la fin de l’indépendance de la France. C’est le premier acte d’insoumission de la France à l’emprise anglo-saxonne.

1957 -- Le traité de Rome, la CEE.
Les six pays du CECA sont poussés par les anglo-saxons à parfaire leur union économique permettant une dérégulation de leurs protections et une meilleurs pénétration de leurs marchés , c’est le traité de Rome le 25 mars 1957. Le Royaume Uni dont l’économie est toujours fortement liée aux USA ne désire toujours pas s’inclure dans cette communauté purement économique. Le domaine politique commun étant assuré par l’OTAN.

1962 - Résistance gaulliste appuyée par les communistes français. Sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, refus de la France de l’entrée du Royaume Uni dans la CEE, de Gaulle argue que ce Royaume Uni serait le « Cheval de Troie » des USA et que cela porterait atteinte à notre souveraineté.
Plein emploi en France, et développement économique spectaculaire, miracle économique allemand. Nous sommes au milieu des 30 glorieuses (années 50,60 et 70).

1973 -- Entrée du Royaume Uni dans la CEE, Georges Pompidou abandonne la politique gaulliste.

1981 -- Entrée de la Grèce dans la CEE, puis 1986, entrée de l’Espagne et du Portugal, concurrence des produits manufacturés et agricole à bas prix, début des délocalisations et de la baisse de la valeur des marchandises notamment des chaussures déclin de l’industrie de la chaussure en France.

Fin des 30 glorieuses, hausse du chômage en France :
1992 -- Traité de Maastricht, fin de la souveraineté économique des pays de la CEE, fin de la protection douanière de chaque état membre, institution de la Communauté Européenne CE. 

Début des délocalisations massives, début de la perte de pans entiers de l’économie des pays de la CE comme le textile, la chaussure ou l’électronique grand publique. 

Les commissaires européens, non élus, prennent le pouvoir. Imbus d’idéologie anglo-saxonne du libre échange, ils vont laisser les produits chinois à faible valeur envahir le marché européen.

Crise économique grave et récession en France, début du cycle de paupérisation.
1995 -- Entrée de la Suède et de la Finlande dans la CEE

1997 -- Traité d’Amsterdam, établissement de l’espace Shengen mettant définitivement fin aux barrières douanière des pays de la CE (sauf pour la perfide Albion bien sur).

2001 -- Création de l’Euro, fin de l’indépendance monétaire, composante importante de la souveraineté économique.

Perte totale de souveraineté :
2001, Complot du 11 septembre et début de la crise systémique.
Emprise totale de l’idéologie des anglo-saxons sur le monde, arguant qu’il existerait une soit disant guerre de civilisation et que ceux qui ne seraient pas avec eux seraient contre eux. Mise en oeuvre du « Project for a New American Century ». Affaissement complet de la contestation du libre échangisme anglo-saxon et de la défense de l’idéologie française. Affaissement complet de la gauche en France et du gaullisme, tout le monde valide le complot anglo-saxon sur le monde.

Développement explosif de la Chine, invasion des ses produits à faible valeur, délocalisations massives notamment de ce qui reste des industries anglo-saxonnes.

Mondialisme avatar de l’européisme :
Financiarisation effrénée de l’économie mondiale, endettement massif des pays occidentaux, création générale de «produits» financiers complexes et opaques, titrisation des dettes.
Creusement de la dette US et envolée des prix du pétrole dopés par une spéculation massive dont le but est d’enrayer la chute des cours du dollars US.

La crise économique occidentale est masquée par la financiarisation. Entreprises guerrières anglo-saxonne pour essayer de masquer la crise (comme celle de 29).

14 février 2003 -- Tentative de résistance de la France . Discours de Dominique de Villepin à l’ONU sous les applaudissements de la communauté internationale. La France chiraquienne retrouve momentanément sa vocation et son lustre. Vive tension entre la France et les anglo-saxons.

20 mars 2003 -- Invasion de l’Irak par les anglo-saxons, la France refuse de s’y associer.

2004 -- Entrée de pays de l’ex URSS, Estonie, Lettonie, Lituanie dans l’UE et des pays de l’ancien bloc socialiste, Pologne et Tchéquie. Cette entrée est ardemment voulue par les anglo-saxons bien que sans intérêt économique, déséquilibrant complètement l’UE. Mais les anglo-saxons s’approchent de la Russie, espérant ainsi la contrôler et accaparer ses immenses richesses.

Délocalisations en Pologne et en Tchéquie :
29 mai 2005 -- Référendum français sur une constitution européenne, les français rejettent ce projet à 55%. Les français pénalisent ainsi l’Union Européennes qui n’assure pas leur protection.

2007 -- Entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’UE, délocalisations industrielles dans ces pays, à très faible niveau de vie. Encerclement anglo-saxon de la Russie. 

Mandat en France de Nicolas Sarkosy, et d’Angela Merkel en Allemagne, fidèles soutiens des anglo-saxons et de leur idéologie. Sarkosy va faire allégeance à Georges Bush et à la Reine d’Angleterre. Soumission complète de la France, fin de son volontarisme indépendantiste…

13 décembre 2007- Traité de Lisbonne, reprenant en quasi totalité les termes de la constitution européenne déjà rejetée par les français. Ce traité est ratifié par les élus français contrairement à la volonté du peuple. Les politiciens français, sous influence anglo-saxonne bafouent la démocratie.
Rejet par les irlandais !

Eté 2008 -- Effondrement du système financier international suite à la baisse de la valeurs des hypothèques immobilières aux USA.

2009 -- Le monde connait la plus grave crise économique de l’histoire du capitalisme, cette crise est évaluée par beaucoup de spécialistes comme une crise systémique.

Dans cette chronique nous avons donc pu suivre les étapes conjointes d’abandon de souveraineté, d’invasion de produits à faibles valeurs venant concurrencer les produits manufacturés localement. Nous avons pu suivre aussi l’accroissement du chômage avec les délocalisations et la désindustrialisation, conduisant in fine à la crise financière suite à la baisse de la valeur de l’immobilier.

Ceci est la conséquence logique d’une baisse générale de la valeur des marchandises et de l’appauvrissement des populations, elle même conséquence de la dérégulation du capitalisme occidental, conséquence de la perte de souveraineté des nations.

Paul avait enfin compris qu’un nouveau cycle allait commencer, car tout comme l’inversion des pôles qui était en cours, l’inversion des flux migratoires avait lui déjà commencé.

Il ne lui restait plus qu’à faire ses valises….