dimanche 21 mai 2017

MALI : UN DÉSASTRE ANNONCÉ : CORRUPTION, PILLAGES, POTS DE VIN, ISLAMISTES...

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La seule réponse militaire enclenchée par François Hollande et reprise par Emmanuel Macron, montre clairement ses limites, selon un rapport de la FIDH.@Kam. 



   par
Annick Kamgang, dite KAM, est une 
dessinatrice franco-camerounaise.


Un rapport de la FIDH dresse un bilan alarmant de la situation sécuritaire au Mali, alors qu'Emmanuel Macron se trouvait ce vendredi aux côtés des soldats français basés à Gao.

Dix jours après son élection, le président français, a voulu s'affirmer en chef des armées, en rendant visite ce vendredi aux 1500 soldats de l'opération Barkhane, engagés il faut le rappeler, depuis quatre ans dans la lutte contre le terrorisme islamiste, qui sévit encore au nord du Pays.

Cependant cette "démonstration" de sa stature de chef d’État ne saurait masquer une situation marquée par un « niveau d’insécurité sans précédent » selon la FIDH.

Les groupes terroristes continuent de prospérer et progressent même vers le centre, l’opération Barkhane, qui a pris le relais de Serval, s’est élargie à toute la zone sahélienne au-delà du Mali, et les accords de paix signés en 2015 entre les autorités et les rebelles peinent à se concrétiser. La seule réponse militaire enclenchée par son prédécesseur montre clairement ses limites.

L'opération Barkhane en chifres :

L'opération française Barkhane, lancée en août 2014 après l'opération Serval de 2013, est menée dans cinq pays (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) de la bande sahélo-saharienne, une zone vaste comme l'Europe.  

C’est actuellement la plus importante opération extérieure des troupes françaises. Son but est « l’appropriation par les cinq pays partenaires de la lutte contre les groupes armés terroristes », selon le ministère de la Défense.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés par l’opération Serval, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France. Sous le nom de Barkhane, elle a ensuite été étendue aux cinq pays du Sahel.

Depuis le début de l’opération Barkhane, plus de 400 « terroristes » ont été mis hors de combat ou remis aux autorités des pays partenaires, 20 tonnes d’armes ont été saisies ou détruites, et 9 militaires français ont péri. Auparavant 10 sont morts au Mali au cours de l’opération Serval, précise le ministère.

La France a déployé près de 4.000 militaires, dont la majorité au Mali, essentiellement à Gao (1.700 militaires), avec des détachements à Kidal et Tessalit (nord-est).

La force Barkhane est placée sous le commandement du général de division Xavier de Woillemont, qui opère depuis le poste de commandement interarmées à N’Djamena, la capitale tchadienne.

Elle comprend également 8 Mirage 2000 basés à Niamey et N’Djamena, 17 hélicoptères de combat et de manoeuvre, 5 drones de reconnaissance Reaper, 6 à 10 avions de transport, 300 véhicules logistiques et 300 véhicules blindés.

Au Tchad, outre la base de N’Djamena, l’armée française s’appuie sur les emprises d’Abéché et de Faya-Largeau, et sur trois détachement de liaison.

L’opération Barkhane a aussi réalisé 80 projets de développement et 34.000 consultations et aides médicales gratuites au profit des populations, ajoute le ministère.

Elle constitue aussi un défi logistique sous un climat éprouvant pour les hommes et les matériels, et a généré 45.000 heures de vol, 600.000 rations livrées et 30.000 tonnes de fret transportées.

Elle cumule 400 opérations, le plus souvent en partenariat avec les forces armées de la région, et 4.500 soldats des 5 pays partenaires ont participé à 200 actions d’instruction.
Le revers de la médaille :

Il n’y a pas d’issue militaire au bourbier malien :



par Corinne Dufka est la directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch. — Mis à jour le 19 mai 2017 à 10h37
« Les djihadistes font la loi maintenant », m’a dit un vieil homme.    
Le jour même où a pris fin l’opération menée par la France, les islamistes étaient de retour dans les villages, a précisé un autre, faisant référence à l’intervention militaire mise en place en avril près de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. 

L’efficacité du recrutement par les djihadiste et l’attrait qu’ils suscitent auprès de nombres villageois attestent de l’insuffisance des opérations militaires pour en venir à bout. Le nouveau président français, Emmanuel Macron, devra garder cette réalité à l’esprit lors de son séjour au Mali vendredi.

Saluée comme un succès militaire, la mission déployée par la France dans le nord du Mali en 2013 avait mis fin à l’occupation de la région par des séparatistes Touaregs et des islamistes armés affiliés à Al-Qaeda. 

Mais depuis 2015, les attaques visant les forces maliennes et les abus perpétrés par des groupes liés à Al-Qaïda se sont étendues aux régions du centre du Mali, auparavant stables, et même au-delà des frontières, l’année dernière, jusqu’au Burkina Faso.

Depuis 2015, j’ai mené des "entretiens" avec des dizaines de témoins et de victimes de violations des droits humains dans le centre du Mali. Ils m’ont décrit de quelle manière, au cours des derniers mois, des groupes de combattants islamistes – comptant parfois jusqu’à une cinquantaine de membres – ont fermé les écoles, interdit aux femmes de circuler à bord de motos conduites par des hommes autres que leurs maris et imposé leur version de la charia. Des jours durant, nous célébrions mariages et baptêmes, en chantant et en dansant tous ensemble ; mais plus aujourd’hui, a constaté un habitant.

Ceux qui sont accusés d’être des informateurs à la solde du gouvernement malien sont souvent retrouvés morts. Depuis 2015, les islamistes ont exécuté au moins 40 hommes en détention, y compris des chefs de village et des responsables locaux. Certains ont été assassinés devant leurs propres familles. Plusieurs personnes ont affirmé avoir subi de fortes pressions afin que l’un de leurs fils rejoigne les rangs des islamistes. Des villageois m’ont rappelé les circonstances dans lesquelles des militaires Malien, ont détenu et abattu trois membres de la même famille en janvier.

Cependant, autant de villageois m’ont dit qu’ils se félicitaient de la présence des islamistes dans le centre du Mali, les considérant comme une alternative positive à un État qui est, à leurs yeux, l’incarnation d’une gouvernance abusive et corrompue. 

Beaucoup se sont emportés devant moi, relatant les abus dont l’armée malienne se serait rendue coupable dans le cadre de ses opérations antiterroristes, notamment des arrestations arbitraires, des actes de torture et des exécutions.

Depuis la fin 2016, j’ai documenté les allégations d’exécutions extrajudiciaires de 12 détenus par des militaires Malien, la plus récente remontant à début mai, ainsi que la disparition forcée de plusieurs autres. 

Des villageois m’ont rappelé les circonstances dans lesquelles des militaires Maliens ont détenu et abattu trois membres de la même famille en janvier. « Nous avons entendu des coups de feu au loin », a raconté un témoin. J’ai suivi les traces de pneus laissées par le véhicule de l’armée avant de trouver les corps de nos proches dans une fosse commune. 

Cette semaine, j’ai reçu un courriel désespéré du frère d’un homme qui avait été  contraint, le 3 février dernier, de monter à bord d’un pickup blanc par un homme en uniforme : « Nous n’avons rien entendu ; nous avons cherché partout », m’écrit son frère.

Malgré une amélioration de leur comportement ces dernières années, les autorités maliennes n’ont manifesté aucun empressement à enquêter sur les membres des forces de l’ordre accusés de violations.

Les villageois m’ont expliqué que les islamistes, eux, parviennent justement à leurs fins en instrumentalisant les frustrations nées de ces abus commis par les forces de l’ordre, mais aussi de la pauvreté, des actes de banditisme répétés, des rivalités locales au sein des tribus peules, et surtout de la corruption.

Les djihadistes parlent beaucoup de la corruption (…), de la manière dont les autorités nous pillent, nous torturent et nous font souffrir , a expliqué un sage. Honnêtement, ils n’ont pas besoin d’insister beaucoup pour recruter les jeunes.
Les islamistes comblent progressivement les insuffisances de l’État :
Les villageois ont également déclaré que les islamistes comblent progressivement les insuffisances de l’État. Ils ont salué les efforts des islamistes pour enquêter sur les vols de bétail et réprimer ces actes, y compris en exécutant les responsables. 

D’autres ont loué les décisions prises en vertu de la charia en faveur de victimes de violences domestiques ou d’abandon par leur conjoint. 


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Peuple Bambara et Peule du Mali


Des chefs de clan des ethnies bambara (sédentaire) et peule (pastorale) ont salué les efforts déployés par les islamistes fin 2016 pour résoudre des conflits fonciers meurtriers, qui ont selon eux considérablement atténué les violences communautaires dans certaines régions.

Nous en avons marre de payer des pots de vin à chaque fois que nous croisons un homme en uniforme ou un fonctionnaire d’État », a expliqué un villageois. « Les islamistes font tout sans demander d’impôt ou d’argent, ou nous prendre une de nos vaches. 

Ce sont la corruption, la mauvaise gouvernance et la conduite répréhensible des forces de l’ordre qui ont précipité le spectaculaire effondrement du Mali en 2012. Il revient bien entendu avant tout au gouvernement malien de résoudre cette situation. 

Mais la stratégie française au Mali et dans l’ensemble du Sahel visant à mettre fin au soutien croissant dont bénéficient les groupes islamistes armés ne sera couronnée de succès qu’en aidant Bamako à extraire le Mali de ce bourbier qui ne fait qu’empirer. Les opérations militaires, y compris celles appuyées par la France, ne suffiront pas à elles seules.


Lorsque le président Emmanuel Macron se trouvera au Mali vendredi, il devra exhorter le gouvernement à professionnaliser ses forces de l’ordre et à les tenir pour responsables de leurs actes, à revitaliser un système judiciaire moribond et à prendre des mesures concrètes contre la corruption endémique. Renforcer les institutions affaiblies de l’État de droit au Mali est une tâche complexe, aucune stratégie de lutte antiterroriste ne saurait être couronnée de succès sans en passer par là.

Source : http://www.jeuneafrique.com/pays/mali/

Un petit mot sur le régime Ouattara et le désastre de la gouvernance financière ( Par Dr Boni Béda)

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Alassane Dramane Ouattara, souvent désigné sous ses initiales « ADO », né le 1ᵉʳ janvier 1942 à Dimbokro, est un homme d'État ivoirien. Il est président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011.

Les armes se sont tues dans le pays voici maintenant six années. Les rebelles ont été mis au pouvoir par la volonté de la communauté internationale nonobstant la constitution ivoirienne.

Le pouvoir dictatorial installé, englué dans son esprit de rattrapage, déroule sa politique d’extraversion sans se soucier de nombre d’Ivoiriens en exil, réfugiés sur tout le territoire  national, en prison sans jugement ou maintenus dans les prisons à l’étranger au grand dam de leurs concitoyens.  

La réconciliation nationale est en panne sèche avec "les bandits à col blanc" dans les rues. L’argent ne circule pas, l’emploi fait défaut malgré les grands travaux conduits à coup de milliards grâce aux dettes renouvelées. La pauvreté grandit, la misère est rampante et atteint tous les milieux.

La mauvaise gestion des finances publiques est palpable. Le pouvoir Ouattara ne faisant confiance qu’aux investisseurs étrangers finance la plus grande partie du déficit courant par le truchement de ces opérateurs.

Le petit mot de Jackturf !

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Comme d'habitude, nos politiques, ne comprennent rien au continent Africain, la France, fonctionnant toujours selon de vieux schémas post-coloniaux et Emmanuel Macron,

n'échappera pas à la règle, se prenant lui aussi pour un chef de guerre, alors que le continent Africain, a surtout besoin qu'on le laisse régler seul ses problèmes, même si parfois, il doit en passer par des dictateurs, et alors ? La France aussi a connu des Rois sanguinaires à souhait, mais à force de courage, de sang, de larmes versées et de sacrifices, elle a réussi au fil des siècles à trouver son équilibre. Résultat, nos fondations sont désormais solides, alors ce n'est pas en intervenant sous de fallacieux prétextes de lutte contre le terrorisme, que le Mali ou d'autres vont asseoir les bases de leur fondation. Coopération oui, intervention militaire non, elles conduisent chaque fois au contraire du but recherché, voir même au désastre : exemple la Libye .

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Il est des jouets dangereux, à ne pas laisser traîner 
entre les mains des enfants !
http://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/styles/w_1000/public/styles/paysage/public/images/2016/01/kak_hollande_les_guerres_de_trop.jpg?itok=ScrN6FI5
Je rappelle quand même, que sans la prescience d'Obama, reculant au dernier moment sur "sa ligne rouge", que Hollande nous aurait entraîné inexorablement vers un conflit d'envergure mondial. Le monde peut donc remercier Obama sur ce coup la, même si l'on peut penser que Poutine n'est pas complètement étranger à l'affaire.